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Gouvernance forestière: Les petits pas de l’observation indépendante des forêts au Cameroun

Gouvernance forestière

Les petits pas de l’observation indépendante des forêts au Cameroun

Dans l’arrondissement de Ngwei dans le département de la Sanaga maritime et de Batchenga dans la Lekié, les populations riveraines sont devenues des principaux dénonciateurs des pratiques illégales dans l’exploitation forestière.  

Les usagers de la route nationale N°1 qui rallie Yaoundé à la ville de Kousseri en passant par Obala puis Batchenga ne savent pas que cette zone commune court un danger environnemental. Le teck, une espèce d’arbre aux grandes feuilles et des grappes de fleurs blanches qui poussent aux abords de cette route est en exploitation illégale. Son exploitation est renforcée par l’ignorance des riverains qui y voient un moyen de se débarrasser d’un arbre jugé envahissant. « Les populations n’aiment pas cet arbre à forte régénération naturelle. C’est pourquoi, chaque riverain qui dispose de cette espèce sur son terrain est obligé de le vendre au premier exploitant qui se présente » explique Pierre Abé, un défenseur de la forêt qui dirige la Coopérative des paysans de la Lekié (Copal).

The project Pro-Formal aims to analyze which policy measures could improve the EU-FLEGT chances of success in better integrating the domestic timber markets within the national legal framework. Center for International Forestry Research (CIFOR) scientist Andrew Wardell, Didier Essiane, and Paolo Omar Cerutti conducted research on informal logging in Cameroon. Here a African Padauk (Pterocarpus spp.) has been cut.

Cette organisation de défense des droits des communautés couvre neuf villages donc cinq à Batchenga et quatre dans l’arrondissement de Sa’a. Pierre Abé, le directeur de la Copal dénonce le comportement des exploitants forestiers illégaux. C’est le cas du village Pam-Nassi, où il y a eu beaucoup de tensions de coupe de bois depuis le mois de septembre 2016. « Il y a des exploitants véreux sous la conduite du nommé Assomo, un conseiller municipal à la mairie de Batchenga, qui descendent sur le terrain pour duper les populations » explique Pierre Abé. Et de poursuivre « ils arrivaient dans les villages et coupaient un pied de teck à 2 000 FCFA. » Une richesse ignorée par les populations riveraines. Puisque, cette essence sert de bois d’œuvre et bois de chauffe. « Ces arbres servent à la production du papier pour produire de l’argent, les bateaux et même les ponts » conclut Pierre Abé.

Un autre foyer d’exploitation forestière illégale est aussi constaté dans la commune de Ngwei, département de la Sanaga Maritime. Là-bas, ce sont les observateurs indépendants qui dénoncent les pratiques illégales dans la forêt. Sur la chaîne montagneuse Mandeng qui serpente la nationale N°3 qui mène à Douala, les observateurs indépendants ont constaté une coupe illégale d’arbres. La coupe d’arbres n’obéit pas au technique d’abattage. Les troncs sont suspendus sur d’autres arbres déplorent les observateurs indépendants. Sur cet arbre, Joseph, un des observateurs prend les références GPS.  Ces captures d’illégalités sont faites à partir d’un Smart phone et seront renvoyées dans une base de donnée centrale accessible aussi bien aux administrations concernées qu’aux ONG. Dans le cadre de l’observation indépendante, les observateurs regrettent toutefois l’absence de moyens de locomotion. « Se déplacer sur 30 à 40 kilomètres à pied est très difficile pour les observateurs indépendants » explique Joseph. C’est pourquoi, il lance un appel à l’ensemble des acteurs nationaux et internationaux afin qu’ils fournissent une logistique susceptible de faciliter les descentes dans les coins et recoins de la forêt. À la différence des exploitants forestiers engagés dans l’illégalité qui disposent de fort moyen de locomotion, ces observateurs indépendants sont dépourvus de moyens logistiques afin de porter les informations collectées en matière d’exploitation forestière illégale auprès de l’administration forestière.

Pierre Nka

 

 

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